Les animaux ne savent pas parler. Ou tout du moins, ils ne parlent pas NOTRE langage. Tout le monde veut savoir pourquoi ils agissent de telle ou telle manière. Alors les humains cherchent dans des livres, demandent à leur entourage, sur les réseaux sociaux, ou regardent des émissions de télévision pour comprendre le comportement de leur chien ou de leur chat. Seulement, ces sources d’informations véhiculent de nombreuses idées inexactes et fausses sur le comportement des animaux.

En tant que biologiste et comportementaliste, comme tous mes confrères et consœurs qui continuent d’actualiser leurs connaissances sur le sujet, j’aimerai éclaircir les choses sur un malentendu très présent sur les chiens : la dominance.

Autant mettre les pieds dans le plat tout de suite : il n’est pas vrai que l’agression et les comportements indésirables de nos animaux de compagnie viennent d’une histoire de dominance.

La dominance est contextuelle.

Parler de dominance nécessite d’évoquer un contexte, une situation précise et des individus à un moment précis. Elle met en relation des individus avec des ressources, telles que des jouets, des aires de repos ou des aliments.

Prenons un exemple: Oscar domine la situation sur Rex lorsqu’il s’agit d’avoir un bout de viande. Mais pour autant, il est tout à fait possible qu’Oscar permette à Rex d’avoir le premier choix sur le lieu de la sieste. La dominance n’est pas d’une position absolue qu’un seul animal peut revendiquer. elle dépend clairement du contexte et des individus. D’ailleurs, les relations de dominance n’impliquent, dans la plupart du temps, pas d’agression mais plutôt le respect pacifique de la volonté d’un individu par un autre.

Voici le moment de parler de l’individu « alpha ». Et bien il est important de rappeler que les chiens… ne sont pas des loups ! Les chiens et les loups ont des interactions différentes entre eux et avec leur environnement.
Et si certains propriétaires pensent que leur chien a du sang de loup, il faut éclaircir le mythe de la meute de loup et de la hiérarchie qui y règne : de nombreuses études ont montré que les loups ne vivent pas selon le système alpha qu’on leur attribuait auparavant. Les groupes de loups sont plutôt organisés comme des familles humaines, avec le couple de reproducteurs en tête pour la simple raison qu’ils sont les parents.

Il n’y a pas de dominance
entre les espèces.

Souvent, on parle de chien « dominant » à cause des comportements qu’il a avec les humains. Je tiens à rétablir une chose : rien ne prouve qu’il existe un quelconque lien de dominance entre les espèces. Par contre, on sait expliquer les comportements de nos chiens autrement que par une pseudo dominance.
J’entend par là que le comportement de nos animaux de compagnie ne signifie pas qu’ils cherchent à être l’individu « alpha » et à nous dominer.

En réalité, il est même dangereux d’attribuer une action à une recherche de position « dominante ». Pourquoi ? Parce que lorsqu’on pense que notre chien cherche à s’affirmer face à son humain, la réponse est bien souvent de s’affirmer en retour face au chien. Loin d’être un solution, cette façon de faire augmente le risque de blessure chez l’humain et peut induire de la peur, du stress et de l’anxiété chez le chien. Sans oublier que le lien humain – animal finira par se détériorer voire se briser si le propriétaire cherche à affirmer sa « domination » trop souvent ou trop fermement, et le comportement du chien s’intensifiera très probablement.

Alors, pourquoi l’hypothèse de la dominance est-elle une explication
si populaire du comportement canin?

Parce que c’est facile ! Il est plus facile de considérer les actions d’un chien comme un signe de domination plutôt que de dépenser le temps et l’énergie supplémentaires nécessaires pour découvrir la racine du problème. Bien souvent, le problème est basé sur l’anxiété.

Trouver l’origine du problème

Il arrive qu’un chien grogne ou aboie chaque fois qu’une personne passe devant sa gamelle. Bien entendu, le chien agit de manière agressive, mais cherchons à comprendre pourquoi il en est arrivé là, le propriétaire a peut être raté des signes de peur ou de stress que son chien a montré. Les yeux écarquillés, une posture basse, le regard fuyant et une queue basse peuvent indiquer que le chien est effrayé par cette personne. Ajouter de la nourriture dans la gamelle devient un élément déclencheur d’une réponse anxieuse et alarmante chez ce chien.

En considérant tous les comportements comme de la dominance, on fait l’erreur de croire qu’on connaît la cause du problème et on n’applique pas le bon modèle relationnel pour remédier au comportement et au problème.

Comprendre que la dominance n’est pas le problème et apprendre que l’agression comme « sanction » est dommageable, c’est le pas le plus important que les propriétaires font pour améliorer la situation. Une fois que tout est clair, des efforts peuvent être faits pour améliorer le lien humain-animal plutôt que de lui nuire. Ces types de problèmes sont souvent spécifiques à une situation et peuvent nécessiter l’intervention d’un comportementaliste pour les aider à gérer le problème.

Chercher des sources fiables pour éduquer votre chien est important.
La bienveillance dans la relation avec nos animaux est accessible à tous !

Passer moins de temps à « apprendre à votre chien qui est le patron » et consacrer plus de temps au problème contribueront grandement à améliorer votre relation avec votre ami à quatre pattes.

Profitez de ce cadeau magique que les chiens nous offrent au quotidien, cet amour inconsidéré qu’ils nous portent, qui que nous soyons, qu’importe les choix que nous fassions. Partout dans le monde, des gens partagent leur vie avec des chiens dans le respect mutuel, dans certains pays ils sont mêmes sacrés, comme au Népal.

Soyez fiers et partagez autant que vous le pouvez avec lui des moments de bonheur !
Je suis certaine qu’il réveillera votre âme d’enfant !

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